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Le seigneur Shenrab Miwo (gShen-rab mi-bo)
Dans les âges passés, il y avait trois frères, Dakpa (Dag-pa), Selwa (gSal-ba) et Shepa (Shes-pa), qui étudiaient les enseignements du Bön dans le paradis appelé Sipa Yesang (Srid-pa ye-sangs, Pureté Originelle de l'Existence), sous la direction du sage bönpo Bumtri Loggi Che-chen (Bum-khri glog gi lce-can). Lorsque leurs études furent achevées, ils rendirent visite au dieu de la Compassion Shenlha Ökar (gShen-lha 'od-dkar) et lui demandèrent comment ils pouvaient venir en aide aux êtres noyés dans les misères, les peines et les souffrances. Shenlha leur conseilla d'uvrer en tant que guides de l'humanité au cours de trois ages successifs du monde. Suivant ce conseil, le frère aîné, Dakpa, paracheva ses uvres dans l'âge précédent du monde. Le second frère, Selwa, prit le nom de Shenrab et devint le maître et le guide du présent âge du monde. Le plus jeune frère, Shepa, viendra enseigner au cours du prochain âge du monde.
Le seigneur Shenrab naquit dans le pa-lais de Barpo Sogye, au sud du Mont Yung-drung Gutsek. Il y naquit comme un prince, se marria alors qu'il était encore jeune et eut des enfants. A l'âge de trente-et-un an, il renonça au monde et vécut d'austérités, enseignant la doctrine. Tout au long de sa vie, ses efforts pour diffuser la religion Bon furent génés par le démon Khyabpa Lakring (Khyab-pa lag-ring). Ce démon combattit pour détruire ou entraver les uvres de Tönpa Shenrab, jus-qu'à ce qu'il soit finalement converti et de-vienne un disciple de Shenrab. Un jour, alors qu'il poursuivait le démon pour récupérer les chevaux qu'il lui avait volé, Tönpa Shenrab parvint au Tibet, et ce fut en fait sa seule visite au pays des neiges. Là, il transmit quelques instructions relatives à l'exécution de rituels mais, dans l'ensemble, il trouva que le pays n'était pas encore prêt à recevoir des enseignements plus complets. Avant de quitter le Tibet, il prophétisa que ses enseignements y prospéreraient un jour, lorsque les temps seront mûrs. Tönpa Shenrab quitta cette vie à l'âge de quatre-vingt deux ans.
Il existe trois versions écrites de la vie de Tönpa Shenrab. La plus ancienne et la plus courte est connue sous le nom de Dodü (mDo-'dus), L'Epitomé des Aphorismes ou Sûtra Abrégé. La seconde, qui comporte deux vo-lumes, est appelée Zermik (gZer-mig), L'il Perçant. Ces deux versions da-tent respective-ment des Xè et XIè siècles. La troisième et la plus importante, en douze volumes, est connue sous le titre abrégé de Ziji (gZi-brjid), La Glorieuse. Elle appartient au genre littéraire appelé "transmission orale" (snyan-rgyud) et est supposée avoir été dictée à Loden Nyingpo (Blo-ldan snying-po) qui vécut au XIVè siècle.
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